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Prix HT ou TTC sur une landing page : ce que la loi impose, ce que la conversion préfère

Publié le 13 août 2026 · 8 min de lecture

« 590 € » ou « 590 € HT » : sur le papier, un simple sigle de trois lettres. Dans les faits, c'est parfois une obligation légale, parfois un choix stratégique, et presque toujours une source de confusion — surtout quand une même landing page sert à la fois des indépendants qui facturent en TVA et des particuliers qui paient de leur poche. La bonne nouvelle : une partie du choix n'en est pas un, la loi tranche pour vous selon votre cible. L'autre partie, elle, se joue vraiment sur la conversion.

Ce que la loi impose (et où elle laisse le choix)

En France, l'article L112-1 du Code de la consommation est explicite : face à un consommateur — c'est-à-dire un particulier qui achète pour son usage personnel — le prix affiché doit être le prix TTC (toutes taxes comprises), celui réellement payé en caisse. Afficher un prix HT à un particulier, même en petit sous un prix TTC, n'est pas une option de design : c'est une infraction. Face à un professionnel qui achète pour son activité (B2B), l'usage inverse prévaut : le prix HT sert de référence, à condition de préciser le taux ou le montant de TVA applicable non loin du prix. Une landing page qui vend une formation grand public, un abonnement SaaS destiné aux particuliers ou un produit d'e-commerce n'a donc pas le choix : c'est TTC, point final. Une landing page qui vend un logiciel B2B, une prestation de conseil ou un outil pour indépendants peut afficher le HT — c'est même l'usage dominant du secteur — mais doit rester honnête sur ce qui reste dû.

Pourquoi le HT paraît toujours plus léger : la taxe qu'on ne voit pas

Le réflexe d'afficher du HT quand la loi le permet n'est pas qu'une habitude comptable : le prix sans taxe visible paraît réellement moins cher, même quand l'acheteur sait pertinemment qu'une taxe s'ajoutera. C'est l'objet d'une étude de référence en économie comportementale, celle de Chetty, Looney et Kroft (2009), « Salience and Taxation: Theory and Evidence », publiée dans l'American Economic Review. Dans une expérience de terrain menée en supermarché, les chercheurs ont comparé des rayons où le prix affiché en rayon incluait la taxe de vente à des rayons où elle n'apparaissait qu'en caisse : rendre la taxe visible sur l'étiquette a fait chuter la demande de 8 % — alors que le montant réellement payé, lui, n'avait pas changé d'un centime. La conclusion des auteurs va au-delà de l'anecdote commerciale : les consommateurs sous-réagissent systématiquement à un coût qui n'est pas « saillant », c'est-à-dire immédiatement visible dans le nombre qu'ils regardent. Pour une landing page B2B, cela veut dire qu'un prix HT bien réel — 490 € HT plutôt que 588 € TTC — n'est pas une manipulation, mais il exploite un biais cognitif documenté : votre visiteur retient le petit nombre, pas le vrai montant qui quittera son compte.

Le revers : la note surprise au moment de payer

Ce même mécanisme qui rend le HT séduisant en haut de page peut se retourner contre vous plus bas dans le tunnel. Si votre prix d'accroche est HT et que le prix TTC n'apparaît qu'au moment du paiement, l'écart entre le nombre retenu et le nombre à payer produit exactement le sursaut qui fait fuir un visiteur au dernier mètre — la même logique de rupture de confiance que pour un formulaire qui change de règles en cours de route. La parade n'est pas de renoncer au HT en B2B — l'usage sectoriel le justifie — mais de ne jamais le laisser seul : un prix HT bien visible, accompagné d'un prix TTC en plus petit juste en dessous (« 490 € HT, soit 588 € TTC »), garde l'effet d'ancrage sans créer de mauvaise surprise au moment de sortir la carte bancaire.

Le cas particulier des indépendants et micro-entrepreneurs

Beaucoup de clients B2B d'une landing page de coaching, de conseil ou d'outils pro sont eux-mêmes des indépendants — souvent en franchise de TVA (micro-entreprise), ce qui signifie qu'ils ne récupèrent aucune TVA et paient donc bel et bien le montant HT affiché comme un TTC. Pour ce public précis, afficher un HT sans le TTC équivalent n'induit personne en erreur sur le montant réel — mais mérite tout de même une clarté totale sur la mention de TVA (ou son absence), pour éviter toute ambiguïté au moment de la facturation. À l'inverse, une entreprise soumise à la TVA récupère la taxe et compare naturellement les offres en HT : pour elle, le HT est la bonne unité de décision. Une landing page qui s'adresse aux deux profils gagne à afficher les deux montants côte à côte plutôt qu'à parier sur celui qui parlera à la majorité.

Bonnes pratiques d'affichage

  1. Le sigle est toujours visible — « HT » ou « TTC » accolé au prix, jamais en renvoi de bas de page à découvrir après coup.
  2. Le second montant n'est jamais loin — si le prix principal est HT, le TTC apparaît juste en dessous, en plus petit ; l'ancre reste efficace sans cacher le montant réel.
  3. Aucun écart entre la landing page et le paiement — le prix qui s'affiche sur votre page de vente doit être strictement celui que Stripe (ou votre outil de paiement) affichera à l'étape suivante ; toute divergence, même justifiée par la fiscalité, se lit comme une pratique trompeuse.
  4. Un mot sur la TVA en micro-entreprise — si vous facturez en franchise de TVA, la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » à côté du prix évite toute question et toute ambiguïté juridique.
  5. Une seule règle par audience — si votre offre sert à la fois des particuliers et des professionnels, deux landing pages distinctes avec chacune le bon régime d'affichage valent mieux qu'une page unique qui bascule entre HT et TTC selon le paragraphe.

Un choix qui touche aussi la crédibilité de la page

Un prix HT affiché sans mention TTC sur une offre clairement destinée au grand public est l'un des signaux qui font le plus vite douter un visiteur avisé de la fiabilité d'un site — au même titre qu'un défaut de mentions légales. À l'inverse, la clarté sur ce point renforce le même capital de confiance que l'ancrage par un prix de référence honnête ou qu'un prix barré réellement pratiqué : ce n'est jamais le detail fiscal en lui-même qui convertit, c'est l'absence totale de friction entre ce que le visiteur lit et ce qu'il paiera. Les templates LanderKit s'affichent à 89 € TTC — vendus à des indépendants comme à des équipes, la clarté prime sur toute optimisation de perception à court terme, y compris sur des pages orientées B2B comme saas-waitlist ou coach-consultant.

Et si vous êtes encore en train de chiffrer le projet lui-même, notre comparatif des prix d'une landing page en 2026 (freelance, agence, builder, template) donne les fourchettes du marché.

FAQ

Questions fréquentes

Puis-je afficher un prix HT sur une landing page qui vend à des particuliers ?

Non. L'article L112-1 du Code de la consommation impose l'affichage du prix TTC face à un consommateur particulier ; le prix HT n'est légal que dans une relation avec un professionnel (B2B), à condition de préciser la TVA applicable.

Le prix HT convertit-il vraiment mieux qu'un prix TTC en B2B ?

La recherche en économie comportementale (Chetty, Looney et Kroft, 2009) montre qu'un montant sans taxe visible est perçu comme plus léger et augmente la demande, même quand le prix réellement payé ne change pas. L'effet est réel, mais il se paie en risque de mauvaise surprise si le TTC n'apparaît qu'au moment de payer.

Faut-il quand même afficher le TTC si je vends en HT à des professionnels ?

Ce n'est pas obligatoire, mais c'est recommandé dès que votre audience inclut des indépendants en franchise de TVA, pour qui le HT affiché est le montant réellement payé. Afficher les deux montants évite toute ambiguïté sans sacrifier l'effet d'ancrage du prix HT.

Que faire si mon offre s'adresse à la fois à des particuliers et à des entreprises ?

Mieux vaut créer deux landing pages distinctes, chacune avec le régime d'affichage adapté à son audience, plutôt qu'une page unique qui mélange HT et TTC — la cohérence de l'affichage compte autant que sa conformité légale.

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