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Frais de livraison sur une landing page e-commerce : les afficher tôt, ou les garder pour la fin ?

Publié le 14 août 2026 · 7 min de lecture

Une visiteuse ajoute un sérum à 34 € à son panier sur une landing page e-commerce mono-produit, remplit son adresse de livraison, sort sa carte bancaire — et découvre, au tout dernier écran avant validation, un frais de livraison de 6,90 € qui n’apparaissait nulle part avant. Elle ferme l’onglet. Ce scénario n’a rien d’isolé : sur une page qui reçoit du trafic publicitaire payant, où chaque clic a un coût et où il n’existe souvent qu’une seule chance de convaincre, le frais de livraison découvert au mauvais moment est l’une des façons les plus sûres de perdre une vente déjà à moitié conclue. Voici ce que montre la recherche sur le partitionnement du prix, et comment afficher ce frais sur une landing page mono-produit sans casser la conversion.

Le frais qui apparaît trop tard, première cause d’abandon de panier

Les frais additionnels — livraison, taxes, frais de dossier — restent, année après année, la raison la plus citée d’abandon de panier dans les études menées par le Baymard Institute, loin devant la création de compte obligatoire ou la lenteur de la livraison elle-même. Le problème n’est presque jamais le montant du frais en soi : 6 ou 7 € sur un panier à 30-40 €, la plupart des acheteurs l’acceptent. Le problème, c’est le moment où ce montant apparaît. Un visiteur qui a déjà pris sa décision, rempli son adresse et sorti sa carte bancaire vit la découverte d’un coût non annoncé comme une rupture de confiance, pas comme un détail logistique — et sur une landing page mono-produit qui n’a qu’une seule page pour convaincre, il n’y a pas de fiche produit voisine pour rattraper cette hésitation.

Partitionner le prix ou l’annoncer tout compris : deux logiques qui s’affrontent

Les chercheurs en marketing appellent partitionnement de prix (price partitioning) le fait de scinder le montant total en un prix de base et un ou plusieurs suppléments affichés séparément — typiquement, le prix du produit d’un côté, le frais de livraison de l’autre. L’alternative est le prix « tout compris » : un seul montant, sans ligne supplémentaire à découvrir plus tard. La plupart des landing pages mono-produit pratiquent un partitionnement par défaut, souvent sans le décider consciemment : le prix s’affiche bien en évidence sous le hero, le frais de livraison, lui, n’apparaît qu’au récapitulatif de commande — voire pas du tout avant le paiement. La question n’est donc pas « faut-il partitionner ou non », elle l’est déjà : la vraie question est de savoir à quel moment le deuxième montant doit apparaître.

Ce que montre la recherche sur le partitionnement de prix

Une étude de Lan Xia et Kent B. Monroe, publiée en 2004 dans le Journal of Interactive Marketing, montre que le partitionnement du prix n’est pas nécessairement mauvais pour la conversion — à condition d’être fait tôt et clairement. Dans leurs trois expériences, afficher un prix de base plus un supplément clairement identifié (comme un frais de livraison) augmente l’intention d’achat et la valeur perçue par rapport à un prix tout compris équivalent, notamment parce que les acheteurs ajustent insuffisamment leur estimation mentale du supplément et perçoivent la structure du prix comme plus transparente (Xia & Monroe, 2004). Le partitionnement fonctionne donc quand il est assumé et visible dès le départ — pas quand il sert à faire paraître le prix affiché plus bas qu’il ne l’est réellement.

Le revers : cacher le supplément jusqu’au dernier écran

Une étude plus récente de Thomas Blake, Sarah Moshary, Kane Sweeney et Steven Tadelis, publiée en 2021 dans Marketing Science à partir des données de la plateforme de billetterie StubHub, montre l’effet inverse : rendre le prix total moins saillant en repoussant l’affichage des frais acheteur jusqu’à l’écran de paiement final augmente les achats de billets plus chers, les acheteurs comparant moins rigoureusement le prix une fois engagés dans le tunnel (Blake, Moshary, Sweeney & Tadelis, 2021). C’est exactement la logique du drip pricing — révéler les coûts au compte-gouttes — que les régulateurs européens et américains encadrent de plus en plus strictement. Et même là où la loi le permet encore, l’effet mesuré reste un gain ponctuel à court terme : pour une landing page mono-produit qui vit de trafic publicitaire payant, un panier abandonné au dernier écran n’est pas une visite qu’on retente gratuitement le lendemain, c’est un clic déjà payé qui ne convertira jamais.

Ce que ça change concrètement sur une landing page mono-produit

Afficher le frais dès le prix, pas au récapitulatif

La ligne de réassurance qui accompagne souvent le prix sous le hero — livraison, garantie, paiement sécurisé — est le bon endroit pour trancher la question une fois pour toutes : « Livraison 4,90 € » ou « Livraison offerte » doit y figurer au même titre que le prix du produit, pas seulement au moment du paiement. C’est le même emplacement que nous recommandons pour les badges de confiance et de paiement sécurisé : la réassurance fonctionne d’autant mieux qu’elle apparaît avant que le doute ne s’installe, pas après.

Le seuil de livraison gratuite, un partitionnement assumé

Afficher un seuil — « Livraison offerte dès 49 € d’achat » — transforme un coût potentiel en objectif à atteindre plutôt qu’en supplément à subir : c’est un partitionnement volontaire et positif, exactement le type que documentent Xia et Monroe. Sur une landing page qui propose plusieurs formats (solo, duo, abonnement, comme décrit dans notre article sur la structure d’une landing page e-commerce mono-produit), ce seuil pousse naturellement vers l’offre duo plutôt que vers l’unité seule — un effet assez proche de celui que nous détaillons dans notre article sur l’effet d’ancrage des prix.

Ne jamais réserver la surprise pour le dernier écran

En France, l’obligation ne relève d’ailleurs pas que de la conversion : les articles L. 111-1 et L. 221-5 du Code de la consommation imposent d’informer le consommateur du prix total, frais de livraison inclus, avant la conclusion de la vente — un manquement expose à des sanctions DGCCRF et prolonge automatiquement le délai de rétractation (détail sur economie.gouv.fr). Réserver le frais de livraison pour le tout dernier écran n’est donc pas seulement une mauvaise pratique de conversion documentée par la recherche : c’est aussi le type de pratique que nous déconseillons dans notre article sur les dark patterns, et un manquement encadré par le droit, détaillé dans notre guide sur les mentions légales et CGV obligatoires.

Livraison « offerte » : le partitionnement qui disparaît

Une autre option, courante chez les marques mono-produit à marge suffisante, consiste à intégrer le coût de livraison dans le prix affiché et à annoncer « livraison offerte » sans condition. Ce n’est pas un partitionnement plus honnête que les autres — le coût existe toujours, il est simplement absorbé dans le prix du produit — mais c’est celui qui laisse le moins de place à la mauvaise surprise, puisqu’il n’y a plus de deuxième montant à découvrir. Le compromis a un coût réel : un prix affiché plus élevé peut sembler moins compétitif au premier regard face à un concurrent qui annonce un prix plus bas et ajoute la livraison ensuite. À vous d’arbitrer selon votre marge et votre positionnement — mais quel que soit le choix, il doit être annoncé au même endroit, dès le premier écran, jamais improvisé au moment du paiement.

Le template E-commerce mono-produit de LanderKit (démo) réserve justement un emplacement pour cette ligne de réassurance juste sous le prix, prêt à afficher un frais de livraison clair ou un seuil de gratuité sans réorganiser la page. Nos 10 templates sont disponibles à 89 € l’unité, 229 € le pack complet.

FAQ

Questions fréquentes

Faut-il toujours afficher le frais de livraison dès le prix du produit ?

Oui, dans la mesure du possible. La recherche sur le partitionnement de prix montre qu’un supplément affiché tôt et clairement n’abîme pas la conversion, contrairement à un frais découvert au dernier écran de paiement. Placez-le dans la ligne de réassurance sous le prix, au même endroit que la garantie ou le paiement sécurisé.

Un seuil de livraison gratuite fonctionne-t-il mieux qu’une livraison offerte sans condition ?

Les deux fonctionnent, pour des objectifs différents. Un seuil (« livraison offerte dès 49 € ») pousse vers un panier plus élevé et une offre duo plutôt que solo. Une livraison offerte sans condition simplifie la décision mais suppose une marge suffisante pour absorber ce coût dans le prix affiché.

Que dit la loi française sur l’affichage du prix total avant l’achat ?

Les articles L. 111-1 et L. 221-5 du Code de la consommation imposent d’informer le consommateur du prix total TTC, frais de livraison compris, avant la conclusion de la vente. Ne pas le faire expose à des sanctions de la DGCCRF et prolonge automatiquement le délai de rétractation du consommateur.

Le frais de livraison caché fait-il vraiment fuir plus de clients que son montant réel ?

D’après les études menées par le Baymard Institute, les coûts additionnels non anticipés (livraison, taxes, frais) restent la première cause citée d’abandon de panier, devant la lenteur de la livraison elle-même. C’est le moment de la découverte, pas seulement le montant, qui déclenche l’abandon.

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