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Images de votre landing page : ce que dit vraiment le droit (banques d'images, IA générée, droit à l'image)

Publié le 29 août 2026 · 9 min de lecture

Une landing page se construit vite : un titre, une promesse, quelques preuves, une image en haut de page pour donner le ton. C'est justement cette vitesse qui pose problème pour les images — on les cherche, on les trouve, on les intègre, rarement en vérifiant d'où elles viennent vraiment. Or une landing page est une page publique, indexée, souvent poussée en publicité : c'est une cible facile pour les outils de détection automatique des banques d'images, et le premier endroit où un client ou un tiers reconnaît sa propre photo. Trois familles d'images se croisent sur une page de vente — les banques d'images, les photos de personnes réelles, les images générées par IA — et chacune obéit à des règles différentes.

Banques d'images : gratuites ou payantes, la licence ne dit pas tout

Les banques gratuites comme Unsplash ou Pexels accordent une licence large — usage commercial autorisé, attribution non exigée dans l'immense majorité des cas. Le point souvent ignoré : cette licence protège votre usage de l'image, pas la présence de personnes reconnaissables dedans. Une photo de banque montrant un visage identifiable a, en théorie, nécessité une autorisation de la personne photographiée (un « model release ») pour être publiée sur la plateforme — mais rien ne garantit que le contributeur l'a réellement obtenue. Les banques payantes (Shutterstock, Adobe Stock, Depositphotos) offrent une meilleure protection sur ce point précis : le contrat inclut généralement une garantie contractuelle contre les réclamations de tiers, ce qui n'est pas systématique côté gratuit.

Le vrai risque ne vient presque jamais des banques elles-mêmes, mais de ce qui les contourne : une image récupérée directement depuis les résultats Google Images, sans passer par une plateforme de licence. Les agences comme Getty Images font tourner des outils de reconnaissance d'image sur le web à grande échelle et envoient des courriers de mise en demeure aux sites qui utilisent leurs photos sans licence — avec des montants réclamés qui se comptent en centaines, parfois en milliers d'euros par image, et une responsabilité qui ne disparaît pas même après avoir retiré l'image. C'est un risque réel et documenté depuis plus de dix ans pour les petites entreprises, précisément parce que personne, dans une petite structure, n'a le réflexe de vérifier la source avant de publier.

Images générées par IA : un flou juridique qui joue autant contre vous que pour vous

Midjourney, DALL·E ou Firefly permettent de produire une image sur mesure en quelques secondes, ce qui en fait une option de plus en plus utilisée pour les visuels d'une landing page. Le problème n'est pas tant le risque de poursuite — les modèles ne « copient » généralement pas une image protégée identifiable — que l'incertitude sur ce que vous possédez réellement une fois l'image générée. Une analyse comparative publiée en 2025 dans la revue Laws par les juristes Anthi Gaidartzi et Irini Stamatoudi montre que les systèmes juridiques divergent fortement sur ce point : la plupart exigent un apport créatif humain pour qu'une œuvre soit protégeable par le droit d'auteur, ce que l'IA générative ne remplit pas toujours au sens strict, laissant la propriété de l'image dans une zone grise selon qu'on considère le créateur du prompt, l'éditeur de l'outil ou personne du tout comme titulaire des droits.

Une autre étude, publiée en 2023 dans Discover Artificial Intelligence par Watiktinnakorn, Seesai et Kerdvibulvech, aboutit à la même conclusion sur un plan plus pratique : sans cadre juridique stabilisé, une image générée par IA n'offre à son utilisateur aucune garantie d'exclusivité — un concurrent peut légalement produire une image quasi identique avec le même outil, et vous ne disposez d'aucun droit à faire valoir pour l'en empêcher. Pour une landing page, la conséquence est concrète : une image IA convient très bien pour une illustration générique ou un fond décoratif, mais elle est un mauvais choix pour un visuel censé incarner l'identité unique de votre offre — un logo, un personnage récurrent, un visuel de marque que vous voudriez un jour protéger.

Photos de personnes réelles : le droit à l'image s'ajoute au droit d'auteur

Photo du fondateur, capture d'écran d'un témoignage client, photo « avant/après » d'un accompagnement : dès qu'une personne réelle et identifiable apparaît, un second droit s'ajoute à la question de la licence de l'image — le droit à l'image. En France, prendre une photo d'une personne dans un lieu public est autorisé sans son accord ; en revanche, diffuser cette photo dès lors que la personne est identifiable et que la publication peut lui porter préjudice nécessite en principe son autorisation, écrite dans l'idéal. C'est encore plus strict dans un lieu privé (cabinet, studio, domicile d'un client), où l'enregistrement de l'image sans consentement est une infraction pénale, et pour un mineur, où l'accord des parents est indispensable.

Concrètement, pour une photo de fondateur ou un témoignage vidéo, un simple message écrit confirmant l'accord de la personne pour un usage commercial sur votre site suffit dans la grande majorité des cas — mais il doit exister, daté, et conservé. C'est la même logique que pour des photos avant/après : l'accord porte sur l'usage commercial précis, pas seulement sur le fait d'avoir été photographié.

Se couvrir sans y passer des heures

  1. Ne jamais enregistrer une image directement depuis les résultats d'un moteur de recherche — toujours passer par la plateforme d'origine (banque d'images, compte du client) pour connaître la licence réelle.
  2. Garder une preuve pour chaque image publiée : capture d'écran de la page de licence, date de téléchargement, nom du fichier source. Un dossier partagé suffit — l'objectif est de pouvoir répondre en cinq minutes si une réclamation arrive.
  3. Pour toute photo de personne identifiable (fondateur, client, équipe), obtenir un accord écrit explicite mentionnant l'usage commercial sur le site, pas seulement l'accord d'être photographié.
  4. Réserver les images générées par IA aux visuels génériques ou décoratifs, pas aux éléments qui incarnent l'identité propre de l'offre — voir la section précédente sur l'absence d'exclusivité.
  5. Ne jamais reprendre telle quelle une image trouvée sur le site d'un concurrent, y compris ses visuels IA ou ses schémas — voir notre article sur ce que dit le droit sur la copie d'une landing page concurrente.
  6. En cas de courrier de mise en demeure (Getty Images ou autre agence), ne pas payer dans l'urgence ni ignorer le courrier : retirer l'image ne supprime pas la responsabilité pour la période où elle était en ligne, et un avocat spécialisé négocie presque toujours un montant très inférieur à la demande initiale.

Où ça se joue concrètement sur votre page

Sur les 10 templates LanderKit (89 € l'unité, 229 € le pack complet), les images de démonstration sont fournies à titre d'exemple pour illustrer la mise en page — elles doivent être remplacées par vos propres visuels avant mise en ligne, exactement comme les textes de démonstration. C'est le bon moment pour appliquer la checklist ci-dessus : sur un template Coach & Consultant (démo), la photo qui remplace le placeholder est presque toujours une photo de personne identifiable — le cas le plus exposé au droit à l'image. Sur un template e-commerce mono-produit (démo), le sujet est surtout le produit lui-même : le risque se déplace vers la licence de la photo produit, en particulier si elle a été fournie par un fabricant ou un fournisseur sans clarification des droits accordés au revendeur. Voir aussi notre guide sur l'optimisation technique des images une fois la question des droits réglée, et les mentions légales obligatoires d'une landing page, qui incluent les crédits photo quand la licence l'exige.

FAQ

Questions fréquentes

Puis-je utiliser une photo trouvée sur Google Images pour ma landing page ?

Non, sauf à remonter jusqu'à la source pour vérifier sa licence réelle. Google Images est un moteur de recherche, pas une banque d'images : il indexe des photos protégées par le droit d'auteur au même titre que n'importe quelle image trouvée sur un autre site. C'est la cause la plus fréquente des courriers de mise en demeure envoyés aux petites entreprises.

Une image générée par une IA (Midjourney, DALL·E, ChatGPT) est-elle libre de droits ?

Ce n'est pas si simple : les études juridiques disponibles montrent que le statut de ces images varie selon les pays et reste en partie non tranché. En pratique, vous pouvez généralement l'utiliser commercialement selon les conditions d'utilisation de l'outil, mais vous ne disposez souvent d'aucune exclusivité dessus — un concurrent peut légalement obtenir une image très proche. Réservez-la aux visuels génériques plutôt qu'à un élément que vous voudriez protéger.

Dois-je demander une autorisation écrite à un client pour utiliser sa photo en témoignage ?

Oui, dans l'idéal un message écrit (email suffit) mentionnant explicitement l'usage commercial sur votre site. L'accord donné pour être photographié ne vaut pas automatiquement accord pour la diffusion publique de l'image sur une page de vente.

Que faire si je reçois une demande de paiement de Getty Images ou d'une autre agence ?

Ne pas payer dans la précipitation ni ignorer le courrier. Retirer l'image immédiatement, rassembler toute preuve de licence si elle existe, et consulter un avocat spécialisé en propriété intellectuelle si le montant demandé est important : ces réclamations sont presque toujours négociables et le montant final est généralement bien inférieur à la demande initiale.

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