Faut-il un menu de navigation sur une landing page ? Ce que dit la loi de Hick
Publié le 21 juillet 2026 · 9 min de lecture
Un visiteur arrive sur votre landing page depuis une publicité, un email ou un résultat de recherche : il a déjà en tête une seule question, « est-ce que cette offre me convient ? ». Puis il lève les yeux vers le header et découvre un menu complet — Accueil, À propos, Blog, Nos services, Contact — copié presque machinalement depuis le site vitrine de l’entreprise. Ce menu ne l’aide pas à répondre à sa question ; il lui en pose de nouvelles, et chacune de ces nouvelles questions est une occasion de quitter la page avant de convertir. La loi de Hick, un résultat de psychologie expérimentale vieux de plus de soixante-dix ans, explique précisément pourquoi ce réflexe se retourne contre vous.
Une landing page n’est pas un site vitrine
Un site vitrine doit accueillir des visiteurs aux intentions variées et les laisser explorer : certains cherchent l’équipe, d’autres les tarifs, d’autres le blog. Un menu de navigation complet y a du sens, parce que sa mission est justement de disperser le trafic vers les bonnes pages. Une landing page a la mission inverse : convertir un visiteur déjà qualifié vers une seule action, comme le détaille notre article sur la différence entre landing page et site vitrine. Un menu qui propose dix issues de secours à un visiteur qui n’en avait besoin d’aucune ne le sert pas ; il le distrait au moment précis où toute la page a été pensée pour capter son attention sur un seul chemin, celui décrit dans notre guide sur l’anatomie d’une landing page qui convertit.
Ce que dit la loi de Hick sur le nombre de choix
En 1952, le psychologue britannique William Edmund Hick publie dans le Quarterly Journal of Experimental Psychology une étude fondatrice sur le temps de réaction face à un choix : plus le nombre d’options présentées augmente, plus le temps nécessaire pour se décider s’allonge — selon une relation logarithmique, reprise et affinée l’année suivante par le psychologue américain Ray Hyman dans une seconde étude sur le même phénomène. Ce résultat, connu depuis sous le nom de loi de Hick (ou loi de Hick-Hyman), est devenu l’un des rares principes largement reconnus en psychologie cognitive. Appliqué à une landing page, il ne dit pas qu’un menu de navigation rend la décision impossible ; il dit que chaque option supplémentaire visible ajoute un coût cognitif mesurable avant que le visiteur n’atteigne le clic que vous attendez de lui. C’est le même mécanisme, à une autre échelle, que celui décrit dans notre article sur le paradoxe du choix : plus une page multiplie les portes, plus elle retarde — et parfois empêche — la décision devant chacune d’elles.
Le ratio d’attention : une manière de compter ce que coûte un menu
Les praticiens du growth marketing utilisent souvent un raccourci pratique, popularisé sous le nom de « ratio d’attention » : le nombre de liens cliquables sur une page, divisé par le nombre d’objectifs de conversion qu’elle poursuit. Sur une page d’accueil classique avec un menu à six entrées, un lien de connexion et un footer complet, ce ratio dépasse facilement 10:1 pour un seul objectif de conversion. Sur une landing page bien construite, il devrait tendre vers 1:1 — un seul chemin de sortie possible, celui du formulaire ou du bouton d’achat. Contrairement à la loi de Hick, ce ratio n’est pas un résultat de laboratoire mesuré scientifiquement ; c’est une heuristique de terrain, utile pour visualiser en un coup d’œil pourquoi un header à six liens dilue l’attention que la loi de Hick, elle, permet d’expliquer.
Ce que perd concrètement un menu de navigation
- Le lien « Accueil » — ramène un visiteur déjà arrivé au bon endroit vers une page générique, sans aucune raison de l’y envoyer.
- Le lien « Blog » — ouvre une session de lecture qui n’a plus rien à voir avec la décision d’achat en cours, et dont le visiteur ne revient presque jamais.
- Le lien « À propos » — une information légitime, mais qui doit vivre dans la page elle-même (section équipe, à propos), pas dans un onglet séparé qui fait sortir le visiteur du tunnel.
- Le lien « Connexion » — utile sur un produit déjà lancé avec des clients existants, hors sujet sur une page qui cherche justement à créer de nouveaux clients.
- Les liens vers les réseaux sociaux dans le header — la sortie la plus fréquente et la moins remarquée : un clic sur l’icône Instagram est un clic qui ne reviendra pas forcément sur la page.
Quand un lien de navigation reste justifié
Toutes les navigations ne se valent pas. Une ancre interne qui fait défiler la page vers une section plus bas (« Voir les tarifs », « Lire les avis ») ne fait pas sortir le visiteur : elle le guide vers l’information qui va justement débloquer sa décision, sans jamais quitter la page ni ouvrir un nouvel onglet. C’est la seule forme de navigation que l’on retrouve dans le header de nos templates — un lien d’ancrage ou un bouton, jamais un menu à tiroirs. Les liens obligatoires par la loi (mentions légales, politique de confidentialité), eux, doivent rester accessibles mais discrets : notre article sur le RGPD et la landing page détaille pourquoi le footer, et non le header, est leur place naturelle. Enfin, une page volontairement longue et riche en contenu (formation, immobilier) peut proposer un sommaire d’ancres en haut de page pour rassurer un visiteur pressé sur la longueur de ce qu’il s’apprête à lire — à condition que chaque entrée du sommaire reste une ancre vers une section de la même page, jamais vers une autre URL.
Ce qu’on met à la place d’un menu
- Un header minimal — le logo à gauche (sans lien, ou pointant vers le haut de la même page) et un seul bouton d’action à droite, jamais une liste de liens.
- Des ancres internes plutôt que des pages séparées — un lien « Voir les témoignages » ou « Voir le tarif » qui fait défiler vers la section correspondante de la page en cours, jamais vers une autre URL.
- Un CTA répété plusieurs fois — après le hero, après la preuve sociale, avant la FAQ : plutôt que de laisser le visiteur chercher comment agir, le bouton d’action réapparaît à chaque section clé, dans la même logique que notre guide sur les leviers de conversion d’une landing page.
- Un footer réduit au strict nécessaire — mentions légales, politique de confidentialité, contact : les seuls liens qui doivent exister en dehors du chemin de conversion, et seulement parce que la loi les impose.
Cas par cas selon le type de page
Sur une landing page de liste d’attente SaaS ou une landing page de webinaire, l’absence totale de menu ne pose aucune question : l’offre tient sur une seule page et rien ne justifie d’en sortir avant l’inscription. Sur une landing page e-commerce mono-produit, une ancre vers les avis clients ou le guide des tailles reste utile, tant qu’elle défile vers le bas de la même page plutôt que vers une fiche produit séparée. Sur une page de coaching ou de conseil bâtie autour d’une prise de rendez-vous, le seul lien qui rivalise légitimement avec le CTA principal est celui vers le calendrier de réservation — et encore, notre article sur Calendly ou formulaire montre que même ce choix mérite d’être tranché plutôt que multiplié.
La check-list avant de publier votre header
- Comptez les liens cliquables du header — un logo et un CTA, ou une ancre et un CTA : au-delà de deux éléments, posez-vous la question de chacun.
- Vérifiez que chaque lien reste sur la page — les ancres qui font défiler sont acceptables, les liens vers d’autres URL doivent presque tous disparaître.
- Déplacez les liens légaux dans le footer — mentions légales et confidentialité doivent exister, mais jamais en concurrence visuelle avec le bouton d’action.
- Supprimez les icônes de réseaux sociaux du header — si elles doivent exister, le footer est déjà suffisamment discret pour les accueillir.
- Testez sans le menu avant de le remettre — si vous hésitez à le retirer, essayez une version sans pendant une semaine de trafic et comparez le taux de conversion plutôt que de trancher à l’instinct.
Un menu de navigation ne rend pas une landing page illégitime, mais chaque lien qu’il contient est un pari : celui qu’un visiteur préfère explorer plutôt que décider. La loi de Hick suggère que ce pari se perd plus souvent qu’on ne le pense. Nos 10 templates LanderKit (89 € l’unité, 229 € le pack complet) sont construits sur ce principe dès le header : un logo, un CTA, et rien d’autre pour distraire le visiteur avant qu’il n’ait pris sa décision.
FAQ
Questions fréquentes
Une landing page peut-elle avoir zéro lien de navigation ?
Oui, et c’est même le cas le plus courant sur une page courte : logo sans lien (ou renvoyant en haut de la même page), un seul CTA répété, un footer avec les mentions légales. Aucun lien de sortie n’est obligatoire en dehors de ceux imposés par la loi.
Les ancres internes (« Voir les tarifs », « Voir les avis ») comptent-elles comme un menu de navigation ?
Non, tant qu’elles font défiler vers une section de la même page sans jamais charger une nouvelle URL. C’est la différence essentielle : une ancre garde le visiteur dans le tunnel de conversion, un lien vers une autre page l’en fait sortir.
Que faire du lien « Connexion » si le produit a déjà des clients ?
Il peut rester, discrètement, en haut à droite du header — c’est l’exception logique, puisqu’un client existant n’est pas le visiteur que la page cherche à convertir. Il ne doit toutefois jamais être plus visible que le CTA principal destiné aux nouveaux visiteurs.
La loi de Hick s’applique-t-elle aussi au nombre d’options dans un formulaire ?
Le principe est le même : chaque champ ou choix supplémentaire ajoute un temps de décision mesurable. Notre article sur le <a href="/blog/combien-champs-formulaire-conversion">nombre de champs d’un formulaire</a> détaille comment ce même mécanisme s’applique à la capture de lead plutôt qu’à la navigation.
Faut-il supprimer le menu même sur une page très longue et riche en contenu ?
Un sommaire d’ancres en haut de page peut rassurer un visiteur sur la longueur du contenu, à condition que chaque entrée reste une ancre vers une section plus bas sur la même page, jamais un lien vers une URL différente qui romprait le tunnel de conversion.
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