LanderKit

Combien de temps conserver les données d’un formulaire de landing page ? (RGPD)

Publié le 22 août 2026 · 8 min de lecture

La plupart des guides RGPD pour landing page s’arrêtent au moment de la collecte : case à cocher, mention d’information, double opt-in. Ce qui se passe après — combien de temps garder ces données, et qui doit les supprimer — reste le point le plus souvent ignoré, alors que c’est un principe RGPD à part entière : la limitation de la conservation. Une adresse e-mail collectée il y a quatre ans pour un devis jamais donné suite, toujours présente dans la liste d’envoi, n’est pas juste un oubli administratif — c’est une non-conformité aussi caractérisée qu’une case pré-cochée. Ce guide fixe des durées concrètes et explique comment les faire respecter sans y penser chaque mois.

Le principe : une durée liée à la finalité, pas un chiffre universel

Le RGPD n’impose pas de durée fixe en nombre de jours applicable à toutes les données. Il impose que la durée de conservation soit proportionnée à la finalité annoncée au moment de la collecte : les données doivent être supprimées ou anonymisées dès qu’elles ne servent plus cette finalité précise. Une adresse e-mail collectée pour envoyer un devis n’a plus de raison d’exister trois ans après si le devis n’a jamais été suivi d’effet et que le prospect n’a plus manifesté aucun intérêt — sauf à la reclasser explicitement dans un fichier de prospection avec sa propre durée. C’est exactement le même principe de minimisation que celui qui régit le nombre de champs d’un formulaire de landing page, appliqué cette fois à l’axe du temps plutôt qu’à celui des champs collectés.

Prospect ou client : deux horloges différentes

  • Prospect (devis demandé, ebook téléchargé, liste d’attente) sans conversion en client : la référence CNIL est de 3 ans à compter du dernier contact actif du prospect — une réponse à un e-mail, un clic sur un lien, une nouvelle demande. La simple ouverture d’un e-mail ne compte pas comme contact actif et ne remet pas le compteur à zéro.
  • Client (achat effectif, contrat signé) : les données peuvent être conservées pendant toute la durée de la relation commerciale, puis pour la durée de prescription légale applicable aux obligations contractuelles ; les documents comptables (factures) suivent une durée de conservation légale distincte, généralement bien plus longue, indépendante du RGPD.
  • Passé le délai, la donnée doit être supprimée ou anonymisée — ou, si un motif légal l’exige encore (litige en cours, obligation comptable), archivée séparément avec un accès restreint, hors des fichiers actifs de prospection.

Le cas du lead magnet et de l’essai gratuit

Un e-mail collecté pour un ebook ou un essai gratuit suit la même horloge que n’importe quel prospect : 3 ans sans contact actif. La différence pratique tient au volume — un lead magnet performant peut générer plusieurs centaines d’adresses par mois, ce qui rend la purge manuelle rapidement intenable. C’est là que l’automatisation cesse d’être une option de confort pour devenir la seule méthode réaliste de rester conforme.

Où vivent réellement les données d’un formulaire LanderKit

Un template LanderKit n’a pas de base de données : le formulaire livré dans Page.tsx est volontairement débranché, comme détaillé dans notre guide pour connecter un formulaire à un CRM ou un emailing. Concrètement, cela signifie que la conservation des données ne se joue jamais sur le site lui-même, mais chez l’outil tiers où elles atterrissent :

  • Un outil d’emailing (Brevo, Mailchimp) si le formulaire alimente une newsletter ou une séquence de bienvenue — voir notre comparatif simple ou double opt-in pour la partie collecte.
  • Un CRM (HubSpot, Pipedrive, Notion) si le formulaire alimente un pipeline commercial de devis ou de rendez-vous.
  • Un scénario Zapier ou Make qui route la soumission vers l’un ou l’autre — c’est précisément ce scénario qui doit aussi porter la purge, pas seulement la collecte.

L’absence de base de données côté site simplifie une partie du sujet — il n’y a rien à purger sur LanderKit lui-même — mais ne dispense de rien : l’obligation de conservation limitée pèse sur l’organisation qui traite les données, quel que soit l’outil où elles sont stockées.

Configurer la purge automatique : ce qui compte vraiment

  • Segmenter les contacts inactifs dans l’outil d’emailing : la plupart (Brevo, Mailchimp) permettent de filtrer les contacts sans ouverture ni clic depuis une date donnée — la base du repérage des prospects à 3 ans.
  • Ajouter une étape de suppression au scénario Make ou Zapier existant, déclenchée sur planification (mensuelle suffit), plutôt que de créer un processus manuel séparé que personne ne suit dans la durée.
  • Envoyer une relance avant suppression plutôt que de purger sans prévenir : un e-mail « Souhaitez-vous rester en contact ? » à l’approche des 3 ans permet de garder les prospects réellement intéressés et de repartir le compteur, tout en respectant l’esprit du délai.
  • Séparer les listes dès la collecte — prospects, clients, lead magnet — plutôt que de tout regrouper dans un seul segment : sans cette séparation à la source, appliquer des durées différentes plus tard devient un chantier manuel.

Annoncer une durée précise aide la conversion, pas l’inverse

L’intuition répandue veut qu’évoquer la conservation des données refroidisse le visiteur au moment de remplir un formulaire. Une étude de Stavros Magrizos, Marta Campora, Georgios Lamprinakos, Apostolos Giovanis et Michael Christofi, « Transparency by design: the effect of privacy policies visualisation on brand trust and perceived intrusion », publiée en 2025 dans Behaviour & Information Technology, montre l’inverse sur un échantillon de 286 participants : présenter une politique de confidentialité de façon visuelle et claire — plutôt que noyée dans un pavé juridique — augmente la confiance envers la marque et réduit la perception d’intrusion, à condition que la finalité de la collecte soit justifiée. Une ligne simple sous le formulaire (« vos données sont supprimées automatiquement au bout de 3 ans sans contact ») fait ce travail en une phrase.

Ce résultat prolonge un constat plus ancien et largement cité, celui d’Alessandro Acquisti, Laura Brandimarte et George Loewenstein dans « Privacy and human behavior in the age of information », publiée en 2015 dans Science : la décision de partager une donnée personnelle dépend moins de sa sensibilité réelle que du sentiment de contrôle que la personne perçoit avoir sur son usage. Annoncer une durée de conservation précise donne exactement ce sentiment de contrôle — c’est un argument de conversion autant qu’une obligation légale.

Erreurs fréquentes

  • Confondre « conforme au moment de la collecte » et « conforme dans la durée » : une case à cocher correcte ne compense pas une liste jamais purgée depuis sa création.
  • Compter depuis la date de collecte plutôt que depuis le dernier contact actif : le point de départ recule à chaque interaction réelle du prospect, ce qui allonge légitimement la durée pour les contacts encore engagés.
  • Supprimer sans archiver ce qui doit l’être : un client ayant réglé une facture reste soumis aux durées de conservation comptables, distinctes du fichier de prospection.
  • Laisser la purge dépendre d’une tâche manuelle récurrente : la conformité qui repose sur la mémoire de quelqu’un finit toujours par ne plus être appliquée au bout de quelques trimestres.
  • N’annoncer aucune durée sur le formulaire alors que l’indiquer, même en une phrase courte, sert à la fois la conformité et la confiance déclarée par le visiteur.

Un cas concret avec les templates LanderKit

Le template liste d’attente SaaS et le template newsletter génèrent tous les deux un flux constant de nouvelles adresses e-mail, exactement le profil où une purge automatisée fait la différence entre une base saine et un fichier qui s’alourdit sans discernement pendant des années. Une fois l’inscription confirmée, la page de remerciement qui suit est un bon endroit pour préciser cette durée en une phrase, sans avoir à l’imposer sur le formulaire lui-même.

Comme chaque template est livré en code source, brancher un scénario Make ou Zapier incluant à la fois la collecte et la purge planifiée prend quelques minutes, sans dépendance ajoutée. Les 10 templates LanderKit (89 € l’unité, 229 € le pack complet) livrent des formulaires déjà minimalistes, prêts à recevoir cette logique de conservation dès la première connexion à votre outil d’emailing ou votre CRM.

FAQ

Questions fréquentes

Combien de temps peut-on garder les données d’un prospect qui n’a jamais répondu ?

3 ans à compter de son dernier contact actif, selon la référence CNIL pour la prospection commerciale. Passé ce délai sans réaction à une relance, les données doivent être supprimées ou anonymisées — la simple ouverture d’un e-mail sans clic ni réponse ne compte pas comme un contact actif qui remettrait le compteur à zéro.

Un client a-t-il la même durée de conservation qu’un prospect ?

Non. Un client peut être conservé pendant toute la durée de la relation commerciale, prolongée de la durée de prescription légale applicable aux litiges contractuels. Les documents comptables comme les factures suivent en plus une durée légale distincte, généralement plus longue, qui n’a rien à voir avec le délai de 3 ans applicable aux prospects.

LanderKit stocke-t-il les données des formulaires envoyés par les visiteurs ?

Non. Les templates LanderKit n’ont pas de base de données : le formulaire livré dans le code est volontairement débranché de toute destination. Les données transitent uniquement vers l’outil que vous connectez vous-même — outil d’emailing, CRM ou scénario Zapier/Make — c’est cet outil qui doit appliquer la durée de conservation, pas le site.

Faut-il prévenir un prospect avant de supprimer ses données ?

Ce n’est pas une obligation légale stricte, mais c’est une bonne pratique recommandée : un e-mail de relance à l’approche des 3 ans permet de distinguer les prospects encore intéressés — dont le contact repart le compteur — de ceux qui doivent être supprimés. Cela évite aussi de perdre silencieusement des prospects encore récupérables.

La purge automatique est-elle compliquée à mettre en place techniquement ?

Non, si la collecte passe déjà par Zapier ou Make : il suffit d’ajouter une étape planifiée (mensuelle par exemple) qui filtre les contacts inactifs depuis plus de 3 ans dans l’outil d’emailing ou le CRM et déclenche leur suppression ou leur anonymisation. La plupart des outils d’emailing grand public (Brevo, Mailchimp) proposent déjà ce filtre par date de dernière activité en natif.

À lire ensuite

Articles liés